Voici l'interview du 8 octobre 2004 au Musée Olympique de Lausanne. Propos recueillis par Fréquence Bleue...
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Stéphane, vous savez déjà qu'EOS Holding est devenue partenaire officielle du FOJE Monthey 2005. Parlez-nous de votre participation à ce festival il y a presque six ans.
- Je n'avais pas encore 14 ans lorsque j'ai participé au Festival Plympique de la Jeunesse Européenne en 1999 à Poprad, en Slovaquie. C'était ma première compétition internationale de cette envergure et j'ai terminé deuxième, derrière un Russe. C'était magique et cela a contribué à lancer ma carrière de patineur. Cela m'a permis d'aborder les Jeux Olympiques 2002 avec un regard différent, car le FOJE en était en quelque sorte la préparation. Ce qui m'a beaucoup plu, c'est ce mélange de cultures et de disciplines sportives ce qui me changeait beaucoup des compétitions de patinage habituelles.
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Vous semblez aujourd'hui être à un tournant de votre carrière et de votre vie...
- Oui, en effet, je viens de déménager à Lausanne pour démarrer des études en HEC, j'ai changé d'entraîneur, d'agent pour gérer ma carrière et je dois donc reconstruire tout le team qui m'entoure. Mais cela se passe très bien et je suis très motivé pour le début de cette nouvelle saison!
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Parlez-nous de votre blessure et de votre réhabilitation.
- J'ai commencé à souffrir cet été et cela devenait impossible d'effectuer des sauts comme les triples axel. Je me suis déchiré le ménisque du genou gauche et j'ai subi une opération au début du mois de septembre. Depuis, ma réhabilitation s'est bien déroulée, d'abord en piscine et avec de la musculation légère, et depuis le début du mois de novembre sur la glace. Tout se passe apparemment bien.
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Votre médecin vous a parlé d'usure pour expliquer vos problèmes de genoux. Cela ne vous fait pas peur d'entendre parler d'usure à 19ans?
- Non, je savais que mes genoux et mon dos étaient mis à rude épreuve. Je dois encore apprendre à dépasser sainement mes limites, tout en sachant que je dois prendre des risques et faire quelques concessions pour pouvoir vivre le rêve fabuleux qu'est une participation aux Jeux Olympiques. Je cherche à limiter le plus possible ces risques, mais je les prends consciemment.
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Quel est votre programme pour cette saison?
- Je participerai d'abord à quelques galas pour pouvoir tester et parfaire mon nouveau programe et ma nouvelle chorégraphie. Ensuite, ce seront les championnats suisses à Lausanne début janvier, puis les championnats d'Europe à Turin fin janvier (pendant le FOJE Monthey 2005), et enfin le point d'orgue avec les championnats du Monde en mars.
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Quelle importance a pour vous le public?
- Il est primordial. J'ai toujours envie de bien faire, de plaire et de faire plaisir au public et aux fans. J'attends avec impatience mon premier contact avec le public cette saison pour tester ma nouvelle chorégraphie et sentir la réaction de celui-ci.
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De quoi est fait votre entourage?
- C'est maintenant mon oncle, Nicolas Lambiel, et mon fan-club qui me soutiennent beaucoup en gérant, par exemple, la recherche de fonds et les contacts avec des sponsors potentiels. J'ai un nouvel entraîneur en la personne de Cédric Monod (patineur en coupée avec sa soeur au début des années nonantes) J'ai encore une chorégraphe, un professeur de danse, un préparateur physique, un physiothérapeute, un masseur, un ostéopathe, et bien sûr toute ma famille qui est pour moi un énorme soutien.
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Tout cela doit quand même coûter beaucoup d'argent: de quels soutiens bénéficiez-vous?
- A part l'aide de Swiss Olympic, de ma fédération sportive nationale et de mon fan-club, je n'ai en ce moment aucun sponsor privé.
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Vous venez de signer avec EOS un contrat qui nous permettra d'utiliser votre image pour valoriser notre soutien au FOJE Monthey 2005. Le terme d'"utiliser" votre image vous gêne-t-il?
- Non, pas du tout. On dit même parfois que Stéphane Lambiel est un "bon produit". Cela ne me gêne pas, pour autant qu'on continue de respecter la personne pour ce qu'elle est. Ca fait partie du jeu et du service qu'un sponsor et qu'un athlète peuvent se rendre mutuellement.
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Votre célébrité dans notre région est-elle agréable ou difficile à gérer?
- Selon les jours, je passe complètement incognito, ou alors on vient spontanément me demander des autographes. J'aime beaucoup ce côté contact humain, ces échanges et ces encouragements. J'ai la chance de vivre en Suisse, où les personnages connus du public ne sont pas constamment harcelés comme ils peuvent l'être ailleurs.
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Vous commencez des études en HEC. Cela signifie-t-il que vous pensez déjà à votre carrière après celle de patineur?
- Je reste d'abord focalisé sur mes objectifs pour cette saison et les suivantes. Mais, en même temps, je suis conscient qu'une carrière de patineur ne dure pas éternellement, raison pour laquelle je débute aujourd'hui des études pour acquérir une formation de base solide dans un domaine comme l'économie et la gestion. Je veux préparer le terrain pour ma vie future, que je verrais volontiers dans l'hôtellerie ou dans tout autre métier qui me permettrait de privilégier les contacts humains.
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Avez-vous un rêve particulier pour votre future carrière?
- En fait, je rêverais d'être un artiste de théâtre. J'ai le virus de la scène et du public. J'aime l'expression corporelle. J'ai toujours adoré exprimer quelque chose avec mon corps. Y aura-t-il un jour une porte ouverte?
(source de EOS Holding)