C'est vrai? (ses yeux brillent...). Cela me fait très plaisir! Je suis très fier d'assumer cette image auprès du public! Vous savez, je suis moi-même très prosuisse romand!
Ce plébiscite vous fait donc chaud au coeur...
Bien sûr! J'ai besoin de me sentir proche des gens, j'ai besoin de l'affection qu'ils me manifestent. C'est un encouragement pour tout ce que je fais.
Que répondez-vous lorsque l'on vous annonce que vous incarnez la Suisse Romande?
Pour moi, être Romand signifie plusieurs choses: c'est avoir un certain naturel, et surtout, une grande ouverture d'esprit. Mais en tant que Valaisan, c'est aussi assumer un côté latin et bon vivant!
Quelle image avez-vous de la Suisse Romande?
Aujourd'hui, on y fait de grands pas en avant. Mais je pense qu'on devrait encore oser davantage! On a un beau pays, avec des ressources extraordinaires. Nous avons donc tout pour bien faire mais notre modestie nous freine encore trop parfois! On devrait, par exemple, davantage mettre en valeur le cinéma, la musique et l'art en général.
Vous partez prochainement pour plusieurs mois aux Etats-Unis. C'est une échappatoire à la médiatisation?
Oh non, au contraire! J'aurais tellement aimé passer l'été en Suisse! Du coup, je rate le Paléo, le Montreux Jazz Festival... (soupirs)
A ce propos, Claude Nobs arrive aussi en tête de notre sondage, dans «ceux qui font avancer la Suisse romande»....
Et bien je lui dis chapeau! C'est quelqu'un qui est parti d'une petite chose pour aboutir à un événement incroyable. On lui doit beaucoup de respect. Je l'ai aperçu de loin l'année passée pendant le festival et j'aimerais bien le rencontrer.».
Revenons à vous. Votre récente blessure risque-t-elle de conditionner votre voyage?
Oui, ma déchirure au grand dorsal demande pour le moment des séances intenses de physiothérapie. Mais dès que je serai remis, je compte bien rejoindre la tournée de «Champions on Ice» qui va sillonner 25 villes américaines! Je prépare aussi un nouveau programme où je vais essayer de faire une pirouette d'une minute. Normalement, ce type de figure ne dure que 20 secondes... Ce serait donc un nouveau record!
On croise les doigts! Vous êtes très attaché à votre famille. On imagine qu'elle va vous manquer...
Mais tout le monde va me manquer! Ma famille, mes amis et ma maman qui est un pilier important. C'est vrai que je suis très attaché à ma famille. Ce sont des personnes en qui j'ai confiance, avec lesquelles je peux parler de tout en étant moi-même. C'est aussi auprès d'elles que je peux me ressourcer.
Avez-vous encore le temps de voir vos amis?
J'ai gardé des amis de collège qui sont maintenant tous à l'université. Mes amis d'enfance, ce sont des amis de coeur que j'espère pouvoir revoir un jour, quand j'aurai plus de temps à disposition.
Avez-vous déjà rencontré votre pair Roger Federer?
«Rodger» est sensationnel! Je l'ai rencontré à deux reprises, il est sympathique, ouvert et parle de tout ouvertement. Mais je n'oserais pas me comparer à lui. Quant à sa défaite de dimanche dernier, ça m'a rendu un peu triste. Il ne faut pas que cette histoire de terre battue lui reste dans la tête. Ce n'est qu'une question de confiance.
Confiance, dites-vous. Quel est votre modèle à vous?
Je ne sais pas si j'ai vraiment un modèle. Par contre, quand j'étais petit, je me repassais des séquences de patinage que j'avais enregistrées en boucle et je répétais ensuite les mouvements dans mon garage...
Votre entraîneur, Peter Grütter, dit qu'à 9 ans, on voyait déjà que vous aviez du talent. Est-ce que c'est suffisant pour réussir?
Le don doit être là, c'est certain. Mais le travail est impératif. Et puis, il y a la volonté, l'entourage qui comptent beaucoup aussi. Dans le fond, je crois surtout que c'est lié à la chance d'avoir trouvé son chemin.
Etre le meilleur suppose un don de soi important. Cela vous fait-il peur pour vous-même parfois?
Quand j'étais enfant, le patinage était une chose obsessionnelle, mais cela a heureusement évolué! Aujourd'hui, j'ai d'autres choses à gérer, je deviens plus flexible. C'est important de ne pas être enfermé dans un rituel.
A quoi ressemble aujourd'hui votre journée type?
Je n'ai pas vraiment de journée type. Je suis un oiseau bizarre dans ce métier. Mais quand je m'entraîne, je commence à midi par des échauffements d'une demi-heure, suivis d'une heure et demie de travail sur la glace, puis de 15 minutes de stretching. Je répète cet entraînement dans l'après-midi.
Comment voyez-vous votre avenir après le patinage?
J'aimerais prendre des cours de guitare et de théâtre. J'ai besoin d'être sur scène. D'ailleurs, j'ai une guitare à la maison que je n'utilise pas et j'aimerais tellement apprendre à en jouer!
Envisagez-vous de faire un autre métier un jour?
Peut-être ouvrir un bistrot... un lieu agréable, chaleureux, où les gens se rencontrent.
Quelle spécialité romande y cuisineriez-vous?
Sans hésiter, les meringues double-crème! (ça assure trop les meringues double-crème c'est moi qui vous le dit!!!)
(source le matin dimanche)



